Publié le 14 avril 2021 à 10h14 (il y a 23 jours environ) dans « Économie bleue durable »
Économie bleue : le CD976 dévoile les grandes lignes de sa stratégie
Économie bleue.
© Source : Conseil départemental de Mayotte - DCIP

Au terme de plus de deux ans de travaux, avec notamment une réunion de démarrage en février 2020, le Conseil départemental a dévoilé ce 13 avril les grandes lignes de sa stratégie de développement de l’économie bleue à Mayotte, lors d’un comité de pilotage mixant la visioconférence et le présentiel.

Le vice-président Mohamed Sidi, en charge de la coopération décentralisée et des affaires européennes, a introduit cette restitution en soulignant la qualité du travail accompli collectivement et en resituant les enjeux. « Le développement de l'économie bleue constitue un levier de croissance durable et innovant pour l’Outre-mer. L’exploitation de ce qu’on appelle l’or bleu est devenue une nécessité tant dans les politiques européennes que dans les diverses stratégies mondiales » a rappelé l’élu, indiquant que Mayotte se devait « de s’inscrire dans cette dynamique. Notre démarche s’est inspirée de l’existant tout en valorisant les atouts et le potentiel de Mayotte, qui sont réels et reconnus unanimement ».
Rappelons que cette démarche a notamment privilégié une large concertation avec l’ensemble des acteurs du secteur, un diagnostic, des réunions thématiques (biodiversité, pêche, aquaculture, tourisme, loisirs…), plusieurs comités de pilotages avant  cette restitution.

Cette stratégie de développement de l’économie bleue de Mayotte s’inscrit  dans un ensemble de schémas directeurs et de documents fondateurs qui jettent les bases d’un développement organisé et harmonieux au service de la population. Elle est articulée avec d'autres documents de niveau national et régional, notamment le Document stratégique maritime du Bassin Sud océan indien (DSBM-SOI), le  Schéma d'aménagement régional (SAR) de Mayotte avec son volet SMVM et avec des schémas sectoriels locaux : schéma de la mer, schéma du tourisme (SRDTL).

Comment s’articule le plan d’action présenté ? Il dégage de grands objectifs comme celui de conserver la place de Mayotte en tant que point chaud mondial de la diversité marine, de faire reconnaître par les instances internationales dont l’Unesco la qualité exceptionnelle de l’environnement marin de Mayotte, de bâtir un modèle d’exploitation du milieu marin spécifique et exportable ou encore d’étudier les opportunités que peut offrir le nouveau volcan sous-marin de l’Est de l’île.

A chaque grand objectif, qu’il s’agisse de la protection de l’environnement, de la pêche, de l’aquaculture, de l’activité portuaire, des orientations sont assignées (ex : ambition de devenir une référence mondiale en matière d’aquaculture ou de conserver et valoriser la biodiversité littorale et marine) avec des actions ou initiatives concrètes (Définir l’effort de pêche acceptable au regard de la capacité des ressources halieutiques ou développer des activités de loisirs tournées vers la mer notamment la filière croisière par exemple).
Ce sont au total 46 actions opérationnelles qui sont déclinées dans des domaines comme les activités portuaires, les énergies maritimes renouvelables ou les biotechnologies. Elles doivent permettre de développer plus qu’aujourd’hui l’économie bleue mahoraise.

La question de la gouvernance a également été abordée avec à terme  une direction dédiée, une instance de concertation pilotée par le Conseil départemental en lien avec l’Etat.

Cette stratégie à 10 ans entend construire la place de l’économie mahoraise dans la région Océan Indien, se démarquer par des avantages comparatifs propres à Mayotte, réaffirmer la place stratégique de Mayotte dans le canal du Mozambique et conjuguer création de richesse économique, sociale et préservation de l’environnement. Un programme ambitieux désormais dévoilé et qui sera au cœur du livret de bord départemental dans les années à venir.